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Saturday, 30 November 2013

[Critiques] Closer to the Truth vs. Prism vs. Loved Me Back to Life vs. Avril Lavigne vs. ARTPOP vs. Britney Jean

J'ai finalement décidé de réaliser une idée qui me trottait dans la tête depuis longtemps. Je n'ai pas couvert grand chose sur mon blog récemment. Et il s'en est passé beaucoup dans la pop cet automne! Six des plus grandes stars de la pop ont lancé un album entre les mois de septembre et décembre. Plusieurs ont déçu à très grande échelle, mais quelques unes ont su se démarquer.

Ok, l'album de Britney Spears n'est pas encore sorti, mais il est "en streaming sur iTunes" et j'ai déjà fait une critique ici.

Ok, plusieurs d'entre-vous vont me dire qu'Avril Lavigne n'a rien à faire sur cette liste des grandes idoles de la pop. Et pourtant elle a vendu plus des 30 millions d'album et a obtenu un très grand nombre de hits à travers le monde. Elle joue dans la cour des grands, même si elle ne correspond pas tout à fait au stéréotype des gay idols que sont Lady Gaga, Britney Spears, Cher, Céline et Katy.

Bref, nous sommes tous des "true lovers of music", comme le dirait Legendtina. Et nous ne voulons pas mettre le feu aux poudres de Lady Gaga qui est en guerre contre le online hate (bonne chance, sérieusement!). Nous aimons juste comparer les grands noms de la pop et nous n'y pouvons rien. Alors voici un récapitulatif des albums suivants : Closer to the TruthPrism, Loved Me Back to Life, Avril Lavigne, ARTPOP et Britney Jean.

J'ai décidé de classer les albums en ordre croissant de note que je leur accorde, le suspense sera donc relativement faible, mais il va falloir faire avec.

Prism - Katy Perry


Du lead single à la couverture de l'album, en passant par les extraits des chansons qui étaient apparus en avance, tout ce qui nous conduisait au lancement de Prism me laissait perplexe. 'Roar' sonnait comme une version cheap de 'Brave' par Sara Bareilles et nous laissait vraiment croire que cet album allait s'éloigner grandement du son bubble gum pop de Teenage Dream

Le dernier album de Katy Perry a eu un succès si immense qu'il allait être bien sûr difficile d'y faire suite. Mais j'ai l'impression que ce succès commercial a permis à Katy d'emprunter la route musicale qui lui convenait vraiment. On ne sent plus l'emprise de Dr. Luke qui utilise une pop star comme vecteur de la musique qu'il veut lancer dans les masses. Certains diront que c'est une bonne chose, mais j'en suis venu à le regretter.

Si Prism sonne comme un album personnel et honnête, il s'avère aussi être fort ennuyeux. Katy retourne avec force à ses racines de musique chrétienne et acoustique. Bon nombre des chansons ici sont relativement lentes et visent à mettre de l'avant la voix de Katy.

Le pire dans tout ça, c'est que 'Double Rainbow' est la première chanson écrite par Sia que je n'aime pas. C'est beaucoup dire. Si même Sia ne peut pas sauver un album, c'est probablement peine perdu.

À mon avis, Katy Perry est à son meilleur quand elle a du plaisir et quand elle chante sur un beat énergique. Malheureusement, ces morceaux manquent sur Prism.

Mes chansons préférées : 'Birthday', 'Walking On Air' et 'This Is How We Do'.

4/10

Britney Jean - Britney Spears


Étant donné que je viens tout juste d'en faire ma critique, je ne m'éterniserai pas.

Avec quelques jours de plus pour écouter quelques morceaux, voici une nouvelle pensée qui s'est développée dans mon esprit : bien qu'il soit agréable à écouter, c'est un album qui va vieillir très vite et qui ne laissera pratiquement aucun impact sur le monde de la musique.

Mes chansons préférées : 'Alien', 'Perfume', 'Body Ache' et 'Til It's Gone'.

7/10

Loved Me Back to Life - Céline Dion


Avec un lead single aussi fort que 'Loved Me Back to Life', Céline aurait pu faire beaucoup plus. Elle nous promettait l'album le plus edgy de sa carrière. Ce qui n'est pas totalement faux, dans l'ensemble, peut-être.

Ici, Céline a travaillé avec des noms souvent associés à des chanteuses beaucoup plus jeunes, comme Rihanna. Ça parait sur quelques chansons comme 'Somebody Loves Somebody' et 'Incredible (feat. Ne-Yo)', mais dans l'ensemble, les morceaux restent typiquement Céline.

Il y a beaucoup de power ballads ('Water and a Flame', 'Breakaway', 'Save Your Soul'), mais elles se retrouvent toutes sur la première moitié de l'album. C'est par la suite que les choses se corsent et que les morceaux deviennent, au mieux, acceptables. La deuxième moitié de l'album, jusqu'à la dernière chanson, 'Unfinished Songs', est assez facile à oublier.

Loved Me Back to Life est l'exemple parfait d'un album mal représenté par un lead single démesurément bon. Le reste n'arrive juste pas à suivre.

C'est bien sûr une grande amélioration par rapport à son dernier album francophone et sa voix sonne particulièrement pure. En fait, je pense que ce point est ce qu'il y a de plus intéressant sur l'album. Céline sonne très naturelle - on entend même sa voix craquer par moments, ce qui ajoute beaucoup d'humanité au projet.

Mes chansons préférées : 'Loved Me Back to Life', 'Somebody Loves Somebody', 'Breakaway' et 'Unfinished Songs'.

7.5/10

Closer To the Truth - Cher


Une carrière de 50 ans, c'est quelque chose! Encore plus dans le monde de la pop! Très peu d'artistes peuvent espérer atteindre un jour le statut d'icône que détient Cher.

Après un hiatus de 12 ans, Cher a enfin fait son retour en 2013 avec son album Closer To the Truth! Elle a d'ailleurs avoué à David Letterman qu'elle avait tout simplement oublié d'enregistrer un album pendant tout ce temps, parce qu'elle était occupée à faire d'autres choses. Sérieusement, cette entrevue en vaut la peine!

En 50 ans de carrière, Cher a déjà fait pas mal tout ce qui est imaginable. Oui, elle aurait pu décider de se réinventer encore une fois, mais elle n'a plus rien à prouver. Elle voulait faire un album sur lequel on peut danser, suivant la lignée de Believe et de Living Proof et elle a réussi.

Elle évite toutefois d'une main de maître de tomber dans le piège de ce qui est à la mode (i.e. le dubstep). Des chansons comme 'Red' sont l'exemple parfait qu'il est encore possible de faire de la musique dance unique et relativement intemporelle. Et elle arrive à transmettre de l'émotion sur ses morceaux upbeat (I'm looking at you, Britney).

Passant par des morceaux qui référencent clairement 'Believe' (comme 'Take It Like a Man') et d'autres qui transmettent toute l'attitude des pop stars qui ont le tiers de son âge (comme 'I Walk Alone'), Cher n'oublie pas de nous démontrer qu'elle a encore une voix incroyablement puissante sur bon nombre des chansons ('Lovers Forever', 'I Hope You Find It').

Ce n'est pas un album qui redéfinit les limites de la pop, ni même qui ose beaucoup jouer sur les genres musicaux, mais c'est un album qui est simplement bon dans son ensemble. Ce qui est difficile à dire des albums précédents.

Mes chansons préférées : 'Take It Like a Man', 'Dressed to Kill', 'Red', 'Lovers Forever', 'I Walk Alone'.

8/10

Avril Lavigne - Avril Lavigne


On dirait qu'Avril Lavigne a tout fait pour s'assurer qu'on n'aime pas cet album. Un album éponyme à ce point dans sa carrière (un album éponyme, tout simplement)? Cette horreur de couverture? Ce refus total de grandir et de changer de style?

Et pourtant, ça marche tellement bien!

Je me souviens de mon assez grand désappointement quand 'Here's To Never Growing Up' est sorti. Je me disais "Oui, c'est bon. Mais c'est tout?" Rien n'a jamais semblé changer avec Avril Lavigne.

Et je me souviens aussi avoir un lu un commentaire sur YouTube ou sur un article de blog quelque part disant quelque chose comme ceci : "Avril Lavigne seems to have become a joke of herself, except she's the only one who doesn't know."

Puis est arrivé 'Rock N Roll', prouvant que, au contraire, Avril est très au courant! Et qu'elle n'en a rien à faire! "Just put up a middle finger to the sky / Let 'em know that we're still rock 'n roll" s'écrie-t-elle sur le refrain, prouvant que 1) elle n'en a vraiment rien à faire et que 2) elle est toujours capable de nous enfoncer une refrain dans la tête. Et ce vidéoclip?! Il se classe définitivement dans le palmarès des meilleurs clips de la pop. Point. Final. Le placement de Sony Ericsson? Complètement brillant! "Mother fucking Avril Lavigne"? Complètement assumé! Un chien au volant? Une invasion de bearsharks? Complètement hillarant!

Bref, Avril nous a clairement affirmé qu'elle n'avait pas la moindre intention de changer et que c'était à prendre ou à laisser. Et si on monte à bord, elle a tout un voyage à nous proposer!

Allant de fabuleuses ballades pop-rock comme '17' au rock complètement trash de sa collaboration avec Marilyn Manson sur 'Bad Girl' en passant par sa courte (et ridiculement amusante) aventure en territoire EDM sur 'Hello Kitty' (hey, Avril est BIG au Japon!), la chanteuse canadienne ne déçoit pas, peu importe le chemin qu'elle emprunte.

Quand le changement nous offre des albums "personnels" (as if!) comme Britney Jean ou des albums dark ("oh non, finalement, il y a plein de lumière, j'ai rencontré Dieu") comme Prism, je vais prendre le style immuable, complètement assumé et ridiculement satisfaisant d'Avril Lavigne!

Mes chansons préférées : 'Rock N Roll', 'Here's To Never Growing Up', '17', 'Bad Girl', 'Hello Kitty', 'Sippin' On Sunshine' et 'Hello Heartache'.

8.5/10

ARTPOP - Lady Gaga


Après l'insatisfaction assez générale qui a suivi le lancement de Born This Way, Lady Gaga avait beaucoup à prouver. Par dessus tout, elle devait nous démontrer qu'elle était encore capable d'être fun et de nous lâcher un peu avec les références religieuses et les sermons. À la place, elle a continué de faire ça en dehors de sa musique, ce qui est parfaitement acceptable si vous voulez mon avis. Je suis à 100% derrière les revendications de Lady Gaga, je pense juste qu'elle ne s'y prend pas toujours de la bonne façon et que de forcer ses messages dans sa musique en a désintéressé plus d'un. Laissons la musique être pour ce qu'elle est et prenons position indépendamment. 

Avec ARTPOP, Gaga a réussi à faire ce que nous attendions d'elle. C'est un album purement pop et fait pour passer du bon temps. Les références sexuelles abondent, les beats sont agressifs et originaux et les paroles sont parfaitement amusantes! Oh, et elle met en évidence de puissantes cordes vocales ici et là!

Je pourrais m'éterniser à parler de chaque chanson, mais je ne le ferai pas. Je vais me limiter à 'Aura' et à 'Jewels N' Drugs ('feat. T.I., Too $hort et Twista)'.

La première m'a grandement déçu, puisque je m'étais habitué à la version qui avait leakée cet été et où la voix de Gaga paraissait beaucoup plus agressive et intéressante. La version finale ne retravaille pas le beat génial (merci!), mais nous offre une Gaga qui sonne trop parfaite. La chanson est excellente en soi, mais elle démontre le mal qu'un leak peut créer, car il va me falloir de nombreuses écoutes si je veux un jour pouvoir m'y habituer.

La seconde est la chanson qui me laissait le plus perplexe. Et avec laquelle personne ne sera de mon avis - je m'en fiche! Lady Gaga et trois rappeurs? Qu'est-ce qui peut bien sortir de ça...? Tout d'abord, T.I. et Too $hort n'apportent rien à la chanson. Ils auraient pu être laissés de côté. Par contre, Twista, qui offre le dernier couplet, rappe ses paroles à une vitesse ahurissante, légitimant sa présence sur le morceau. Dans l'ensemble, 'Jewels N' Drugs' est #SomethingMoreUrban done right. Les beats hip-hop mélangés à des sons 8-bits font pour une combinaison fort étrange, qui finit pourtant par être assez accrocheuse. À mon avis, c'est le moment le plus original de la carrière de Gaga et je vais stanner pour cette chanson pour toujours.

Je ne prétends pas qu'ARTPOP soit un album parfait, ni même qu'il soit révolutionnaire. Toutefois, il teste beaucoup plus les limites de la musique pop-EDM que tous les albums de cette liste combinés. Et le fait que Lady Gaga co-produise toutes ses chanson donne un caractère unique à ce qu'elle fait. Finalement, ARTPOP est tout ce que j'attends personnellement d'un album de Lady Gaga. Je n'ai rien d'autre à demander.

Mes chansons préférées : 'Aura', 'Sexxx Dreams', 'Jewels N' Drugs', 'MANiCURE', 'Donatella' et 'Gypsy'.

9.5/10

J'aime bien cette formule d'article regroupant plusieurs artistes/albums/chansons et je compte probablement vous en faire un autre sur un sujet surprise - si la procrastination le veut bien!

Tuesday, 26 November 2013

[Critique] Britney Spears - Britney Jean


Britney Jean est le dernier album offert par les nombreuses grandes pop stars qui ont essayé de capturer notre attention cette année. Beaucoup ont déçu et très peu ont été capables de nous offrir quelques chose de vraiment intéressant, mais je garde espoir de vous écrire un article résumé au sujet de Cher, Céline Dion, Lady Gaga, Katy Perry, Britney Spears et possiblement aussi Avril Lavigne. Je ne fais pas de promesse, mais sait-on jamais (je suis ici en train de vous écrire une critique de Britney Jean, après tout)!

Alors... Britney Jean est en streaming sur iTunes depuis hier (c'est-à-dire que l'album a leaké, mais chuuuuut!). La première écoute m'a laissé assez insatisfait, mais voyons ce qu'on peut en dire avec un peu de recul (à peine 24 heures, soyons honnêtes).


On nous parlait de l'album le plus personnel de sa carrière depuis des mois, mais la moitié des chansons sont directement dirigées vers les clubs ('Work Bitch', 'It Should Be Easy (feat. will.i.am)', 'Tik Tik Boom (feat. T.I.)', 'Body Ache' et 'Til It's Gone'). Nous aimons tous danser sur des hits de Brit et les paroles sont peut-être plus honnêtes qu'avant, mais pour rendre de la musique de club personnelle, il faut une voix comme celle de Loreen (écoutez 'Euphoria', 'My Heart is Refusing Me' et 'Crying Out Your Name').

Malheureusement, là où la production fonctionne, Britney semble relativement oubliable, peu importe le message qu'elle voudrait transmettre.

Parlant de la production, will.i.am a fait ce que nous craignons tous : il a fait de la majorité des clubbangers sur Britney Jean des morceaux assez "middle of the road" et qui ne s'éloignent pas trop de leur collaboration de l'an dernier 'Scream & Shout'. Bref, même si Femme Fatale n'avait peut-être pas la prétention d'être aussi personnel, la production de Dr. Luke et de Max Martin était particulièrement audacieuse. 'Hold It Against Me' a créé une mode très rapidement sur-utilisée de dubstep dans la pop. Et, ça, c'était quelque chose!

Malgré tout, il y a des chansons qui sont vraiment personnelles, comme 'Perfume' et dont la production laisse plus de place au message.



En conclusion : les clubbangers sont bons, même si peu originaux. Les ballades sont honnêtes et, dans certains cas, très touchantes. Mais le contenu semble se perdre dans le contenant - problème qui n'est pas vraiment présent lorsque le contenu n'est pas "over hypped". Vous voulez savoir ce qu'est un vrai album personnel? Écoutez Trouble de Natalia Kills ('Saturday Night') et on reparlera de comment "deep" Britney est allée ici.

Mes chansons préférées : 'Alien', 'Perfume', 'Body Ache' et 'Til It's Gone'.

7/10

Saturday, 26 January 2013

[Critique] Moxiie - Savage


Après avoir lancé son premier EP à la fin de 2011, Moxiie a terminé 2012 avec son premier album: Savage. J'ai malheureusement été trop occupé depuis pour 1) l'écouter attentivement et 2) en écrire une critique. Mais cet album est beaucoup trop bon pour rester inconnu, alors nous y voici!

Moxiie est une artiste originale qui fait relativement ce qu'elle veut - et avec raison, puisqu'elle lance sa musique de façon indépendante. Avec son premier EP Jungle Pop, elle commençait à créer un son bien à elle. Toutefois, les chansons comme 'Dancing In Dirt' sonnaient relativement comme du dance-pop standard.

Sur Savage, Moxiie trouve finalement son créneau. Mélangeant des tonnes de sons différents, elle crée quelque chose de complètement unique qu'elle définit elle-même comme étant du jungle pop. Les mélodies sont indéniablement pop, alors que la production explore plusieurs styles, comme le hip-hop, le dubstep et le côté plus urbain de la pop.

Le résultat: des chansons qui frappent comme 'Never Hearda Ya', 'Serial Killer' et 'Rox Off'! La production de ces morceaux particuliers est juste assez pop pour être facile à apprécier, mais aussi juste assez originale pour ne pas vraiment ressembler à quoi que ce soit de populaire en ce moment.



Savage semble être l'avenir de la pop: toujours plus fort et plus audacieux. Il est en fait possible, par moments, de se dire que Rihanna pourrait nous offrir ce genre de musique, si elle prenait son temps pour enregistrer ses albums.

'Never Hearda Ya' et 'Serial Killer' sont peut-être des chansons pop très "in your face", avec beaucoup d'énergie et des paroles "empowering", mais les chansons les plus douces de l'album s'avèrent être d'agréables surprises!



'Hurt Me Now' n'est pas vraiment une ballade, bien que le rythme de la chanson soit plus lent que la majorité de l'album. La vulnérabilité qui émane de ce morceau est assez surprenante, considérant ce qui précède. Mais ce n'est rien en comparaison à 'We Were Kids', la vraie ballade de Savage. Le refrain est si doux que je n'arrive pas à me le sortir de la tête.

Avec Savage, Moxiie arrive à innover juste assez pour nous offrir quelque chose qui semble légèrement en avance sur son temps, mais qui est aussi facile à apprécier. Aborder autant de styles musicaux sur un seul album peut être risqué, mais c'est un risque qui paye pour cette nouvelle artiste!

9/10

Wednesday, 5 December 2012

[Critique] Ke$ha - Warrior


"Animals, you ready to fight?" s'écrie Ke$ha sur la chanson-titre de son nouvel album, Warrior.

Contrairement aux autres pop stars (comme Rihanna) qui ont peur de quitter le spotlight pour une seule seconde, Ke$ha a décidé de prendre son temps pour son deuxième album. Elle nous promettait un album fortement influencé par la musique rock, mais il ne faut pas s'attendre à trop non plus. Ke$ha fait de la pop. Et elle travaille avec Dr. Luke. Les deux sont talentueux, mais pour faire de la musique pop, justement.

Warrior nous arrive comme la suite logique dans la carrière de Ke$ha. Il n'y a pas grand chose de particulièrement surprenant sur cet album, mais le tout est très cohérent. De plus, la chanteuse arrive à complètement s'approprier ce qu'elle chante - probablement parce qu'elle co-écrit toutes ses chansons.


Nous arrivant il y a quelques mois avec 'Die Young', Ke$ha nous inquiétait un peu. N'avait-elle rien de mieux à nous offrir que du prémâché par Flo Rida? Heureusement, oui! Warrior contient beaucoup de morceaux pop plus uniques et originaux que le lead single.

Le deuxième single, 'C'Mon' en est un bon exemple. C'est une chanson dance-pop qui ne se distingue pas vraiment de la masse de par sa production, mais que Ke$ha arrive à rendre sienne et dont les paroles attirent inévitablement notre attention.

'Supernatural', de par sa forte utilisation du dubstep, pourrait en laisser plus d'un croire que Ke$ha n'a aucune originalité. Et pourtant des paroles qui ne veulent pas dire grand chose comme "Get a little big wrong / Get a little bit wild" définissent parfaitement Ke$ha. On est ici pour avoir du fun!


Le principal défaut de Warrior est d'être légèrement surchargé. Ce ne sont pas tous les morceaux génériques qui ont le caractère unique de 'Supernatural' ou de 'C'Mon'. Des chansons comme 'Wherever You Are' et 'All That Matters (The Beautiful Life)' sont appréciables, mais n'apportent pas grand chose à l'album dans son ensemble.

Toutefois, cette légère redondance est facilement pardonnable grâce aux chansons les plus inspirées de la musique rock. C'est probablement ce que Ke$ha visait avec cet album, mais le tout a été dilué dans un son pop, afin d'assurer le succès de l'album. Et ce n'est pas moi qui va s'en plaindre! L'équilibre entre pop et influences rock est parfait.


'Crazy Kids' est la première chanson dans cette catégorie. Mélangeant des sifflotements à la 'Moves Like Jagger' et une mélodie monstrueusement accrocheuse, c'est Ke$ha à son meilleur! C'est ici qu'on voit qu'elle a évolué comme artiste, tout en restant fidèle à elle-même. Les meilleures paroles de cette chanson sont: "It's Ke$ha in the casa" et "I'm fresher than that Gucci / Them boys they want my coochie / I say nope I'm no hootchie". Bien sûr, il y a le refrain, parfaitement contagieux: "Hello, wherever you are / Are you dancing on the dance floor or drinking by the bar?" qui ne vous sortira jamais de la tête.

La collaboration avec Iggy Pop sur 'Dirty Love' semble être la chanson la plus authentique de Ke$ha sur cet album. Premièrement parce que Iggy Pop n'est pas un rappeur et n'assurerait aucunement le succès de cette chanson si elle devait devenir un single. Deuxièmement parce que Ke$ha avait déjà annoncé que Iggy Pop était une de ses principales sources d'inspiration pour son album. Cette collaboration semble donc être un choix personnel et j'applaudis Ke$ha pour l'avoir fait. La chanson traitant du "dirty love" est pas mal tout ce que la musique rock représente, seulement en format pop. Brillant, Ke$ha!

Finalement, la chanson bonus 'Gold Trans Am' s'avère probablement être le morceau le plus surprenant de tout l'album. "This song makes me wanna have sex in my car" déclare Ke$ha avant que la musique n'embarque. That's right! Avec ses drums violents et la guitare électrique en arrière, cette chanson n'a pratiquement rien de pop. C'est définitivement la pièce la plus audacieuse de la part de Ke$ha. Et c'est payant!


À la grande surprise de plusieurs, les ballades sur Warrior sont des morceaux qui se distinguent. En fait, quiconque connaît bien Ke$ha sait déjà qu'elle excelle sur les ballades, prouvant qu'elle sait 1) chanter et 2) écrire autre chose que des odes à l'alcool.

'Wonderland' et 'Last Goodbye' sont deux chansons particulièrement touchantes référençant l'amour et le bon temps passé. "Wish I could find my way / Back to wonderland" avoue Ke$ha sur la première de ces deux chansons. "Now you've got a girl / Someone new / And I can't pretend to just be cool / I can't be a friend / So this is the end" continue-t-elle sur 'Last Goodbye'. On est loin de se réveiller dans un bain et de se brosser les dents avec du Jack Daniel's ici...

Afin de finir cette critique sur une note plus joyeuse, nous devons parler de 'Thinking Of You' et de 'Out Alive'.

Cette dernière chanson est de loin le plus gros club banger que Ke$ha ait jamais enregistré! Et pourtant, elle en a des chansons prêtes pour le dance floor. Mais la production sur 'Out Alive' est si puissante qu'il est impossible de ne pas avoir envie de boire et danser toute la nuit sur un tel morceau.

Malgré l'originalité et l'audace de bon nombre de chansons sur cet album, c'est 'Thinking Of You' qui m'a le plus marqué. Le pré-refrain ET le refrain sont si puissants et les paroles si géniales que je les chante constamment dans ma tête. "I know I said I wouldn't talk about you publicly, but / That was before I caught you lying and cheating on me, slut! / I was down for you hardcore / While you were out trying to score / Found out you're full of it / I'm over it / So suck my dick!" déclare Ke$ha sur une introduction de chant/rap si caractéristique d'elle. Puis, le refrain arrive dans toute sa brillance: "I heard our song on the radio / And I see your face everywhere I go / I thought I'd call just to let you know / I've been thinking of you, thinking of you-ou-ou / But now my song's on the radio / And you see my face everywhere you go / I thought I'd call just to let you know / I've been thinking of you, thinking of you-ou-ou". La chanson de vengeance parfaite! Merci Ke$ha.


Bref, malgré quelques chansons qui manquent de caractère, Ke$ha nous a offert un excellent deuxième album avec Warrior! S'inspirant de la musique rock, cet album me fait penser à Trespassing d'Adam Lambert - et c'est une bonne chose! Les deux étant produits par Dr. Luke, les similarités musicales sont normales. Toutefois, Ke$ha arrive à rendre tout ce qu'elle touche unique et monstrueusement accrocheur!

8.5/10

Tuesday, 27 November 2012

[Critique] Rihanna - 'Unapologetic'


Nous arrivant avec son septième album en sept ans, après avoir déclaré qu'elle ne lancerait pas de musique en 2013, Rihanna nous apparaît comme une vraie workaholic. Ou comme étant très avide de succès, d'un côté, et apeurée de sombrer dans l'oubli de l'autre.

Sur le lead single, 'Diamonds', Rihanna prend une approche très différente de ce à quoi elle nous a habitués pour se deux albums précédents. Là où Loud était précédé par la puissante 'Only Girl' et où Talk That Talk était introduit par le game changer qu'est 'We Found Love', Unapologetic semblait promettre une direction fort différente.

Et c'est toute un changement de direction pour Rihanna! Mais ce n'est pas tout à fait une bonne chose. Je vais avouer que je suis particulièrement fan d'elle pour son côté audacieux, sexuel et, oui, la dance diva! Peu d'artistes auraient pu lancer 'S&M' et faire passer la chanson aussi facilement. C'est tout simplement parce que cette image de sex addict colle bien à Rihanna.


Unapologetic nous présente une Rihanna bien différente: elle est gangster, elle a de l'attitude et elle mélange le R&B au hip-hop plus que jamais. Elle nous offre bien sûr quelques chansons dance et très commerciales ici et là, pour s'assurer que ses fans comme moi (je l'avoue) achètent quand même son album. Mais là ou 'Diamonds' nous présentait Rihanna heureuse, positive et avec une voix plus belle que jamais, le reste de l'album ne suit absolument pas.

Toutefois, quand elle fait un bon coup, elle ne le fait pas à moitié! Sa collaboration avec Chris Brown sur 'Nobody's Business' est facilement le morceau le plus génial de l'album. C'est juste dommage que Chris Brown soit dessus. Et c'est aussi un peu ironique que les deux amoureux aient besoin de chanter ensemble (et probablement de faire de la chanson un single qui va jouer à la radio) pour dire au monde: "On fait ce qu'on veut, laissez-nous en paix." Mais il est dans la nature de Rihanna de choquer et de provoquer, alors ça ne semble pas vraiment différent des photos d'elle en train de fumer du pot sur la plage, de finir saoule dans un club ou de dévoiler sa poitrine pour des couvertures de magasines.


'Jump', qui sample 'Pony' de Guinuwine, est la seule autre chanson qui soit vraiment excellente sur Unapologetic. Avec un breakdown de dupstep juste après le refrain, Rihanna démontre que le genre sur-utilisé a encore quelque chose à offrir lorsqu'il est bien incorporé à la musique pop. De plus, avec des lignes comme "When you fuck them other girls / I bet they be wondering why you always call my name", c'est le genre de hits sexuels qui font que j'aime tant Rihanna!

Les collaborations sont nombreuses sur cet album, mais beaucoup d'entre-elles n'ont pas grand chose à offrir, malheureusement. 'Right Now' voit Rihanna faire équipe à nouveau avec David Guetta. Le DJ français nous offre cette fois une autre chanson de dubstep, qui semble pâle en comparaison à 'Jump'. De plus, le morceau semble vraiment être une version plus cheap de 'Where Have You Been' mélangée à 'Glassheart' de Leona Lewis, sans l'honnêteté des paroles. Considérant que leur dernière collaboration sur 'Who's That Chick' avait redéfini Rihanna comme dance diva après la période sombre (mais géniale) de Rated R, 'Right Now' est un peu décevant.

Rihanna à aussi collaboré avec Eminem sur la chanson 'Numb'. Tout comme 'Who's That Chick' avec David Guetta, leur collaboration sur 'Love the Way You Lie' est un moment charnière dans la carrière de Rihanna. Et 'Numb' n'arrive même pas à la cheville de leur méga hit. La chanson est un simple mélange de R&B et de hip-hop qui n'arrive pas à créer l'attrait pour les fans de la pop que 'Love the Way You Lie' avait.


Puis, il y a la collaboration avec Future sur 'Loveeeeeee Song'. Oh. Bon. Dieu. Si vous êtes habitués à mon blog, vous savez à quel point j'ai tendance à tout aimer. Mais ça... j'ai essayé... C'est avec beaucoup de difficulté que j'ai réussi à endurer une seule écoute de la chanson qui, soyons honnêtes, semble plutôt appartenir à Future qu'à Rihanna qui ne chante qu'ici et là. Mais le "l-o-v-e-e-e" semble si pénible à chanter que c'en est malaisant.

'No Love Allowed' tente désespérément de recréer la brillance de 'Man Down', avec la forte influence de reggae, mais n'y arrive malheureusement pas. Ce n'est pas une mauvaise chanson, mais l'objectif d'un 'Man Down 2.0' est évident. À peu près aussi évident que la non atteinte dudit objectif.

Il y a des chansons comme 'What Now' et 'Stay' pour lesquelles je n'arrive pas à trouver quoi que ce soit à critiquer, mais qui ne viennent pas sauver l'album non plus. Sur la ballade 'Stay', il est clair que Rihanna s'est grandement améliorée comme chanteuse avec les années. Toutefois, cette chanson ne fait qu'illuminer le fait que Rihanna émule la façon de chanter de Sia sur 'Diamonds', puisque cette méthode n'est nulle part sur 'Stay'.

La dichotomie entre les singles et les chansons pour l'album a toujours été très forte sur chacun des albums de Rihanna, mais jamais autant qu'ici! Des chansons comme 'Pour It Up' où Rihanna se vente de combien d'argent elle a dans son compte de banque ne font que mettre en évidence ce fait.


Je trouve Unapologetic très décevant comme album, principalement parce qu'il s'agit de Rihanna. Elle est la plus grande pop star dans le monde aujourd'hui et il semble que son désir de fournir un album tous les mois de novembre soit vraiment en train d'entraver sa création. J'apprécie son désir de réinvention (il est indéniable que Unapologetic est aussi différent de ses autres albums qu'ils le sont les uns des autres), mais je trouve aussi que le concept n'est pas assez travaillé.

Mon principal compliment pour cet album va vers la voix de Rihanna. Depuis les ballades comme 'Farewell' et 'Fool In Love' sur Talk That Talk, elle a vraiment su m'impressionner vocalement et elle continue de le faire sur Unapologetic. Malheureusement, l'album tente tellement d'être badass que ça me tape un peu sur les nerfs. Et, bien honnêtement, Rihanna semble beaucoup chercher à se justifier pour quelqu'un qui clame ne rien avoir à faire de ce que les gens pensent.

5.5/10

Monday, 29 October 2012

[Critique] Loreen - Heal

Oh mon doux Jésus en porcelaine dans l'escalier! C'est demain (le 30 octobre) que le fabuleux premier album de la chanteuse suédoise Lorren, Heal, sort à l'international (Canada inclus). Je n'aurais jamais cru que cet album verrait la lumière du jour en dehors de certains pays européen, mais je suis particulièrement ravi de m'être trompé!

 
"Why can't this moment last forevermore?"

Après avoir gagné Eurovision cette année avec l'incroyable chanson 'Euphoria', tout le monde attendait de savoir ce que Lorren allait faire.

Et ce qu'elle a fait après ça, ç'a été le lancement des deux (tout-aussi-voir-plus-incroyables) singles 'My Heart Is Refusing Me' et 'Crying Out Your Name'.

Avec ces trois chansons et 'Sober' qui était déjà connue, Loreen semblait s'aventurer particulièrement profondément en territoire dance avec une des plus puissantes voix que ce genre ait connu depuis longtemps! Et j'étais le premier à en être ravi.

Heal a leaké sur le net au début du mois, ce qui m'a permis de me faire une particulièrement bonne idée de ce que je pense de l'album. L'excitation de la nouveauté est passée et je peux vous assurer qu'il s'agit d'un fucking chef-d’œuvre!

 
Toutefois, 'Euphoria', 'My Heart Is Refusing Me', 'Crying Out Your Name' et 'Sober' sont les seules chansons complètement dance avec ce son europop puissant. Il y a par contre la power ballad 'Sidewalk' qui peut relativement se joindre à ce groupe de chansons au niveau des similitudes, bien qu'elle soit aussi complètement différente.

Toutes les autres chansons sont plus douces, mais elles trouvent toujours le moyen de modifier le tempo du morceau afin que rien ne soit prévisible, laissant toujours l'auditeur à penser "Oh my God!". Rien ici n'est exactement ce à quoi on s'attend, mais c'est aussi particulièrement facile d'accrocher.

Il serait beaucoup trop long d'analyser la profondeur des paroles sur chacune des chansons, mais une chose est certaine: Loreen arrive à donner un sens (une douleur même) à la musique dance que beaucoup croient impossible pour ce genre.

Loreen a réussi à combiner le meilleur des grandes divas suédoises d'aujourd'hui: Robyn pour la profondeur des paroles, Agnes pour la voix et September pour la musique prête pour le dance floor.

En fait, Loreen est un cas parfait de tears on the dance floor. Et personne ne peut s'en plaindre!


J'ai habitude de m’étendre plus dans mes analyses, mais j'ai décidé de garder ma critique de Heal simple et concise. Car s'il n'y a qu'une seule chose qu'il faut savoir, c'est qu'il s'agit probablement du meilleur album de l'année!

"Everything is shattered / I'm not picking up the pieces of my broken heart".

10/10

Tuesday, 16 October 2012

[Critique] Leona Lewis - Glassheart

Un an plus tard que prévu, le voici enfin: le nouvel album de Leona Lewis, Glassheart!

Il s'agit probablement de l'album que j'ai attendu avec le plus d'impatience de ma vie. Je vous explique. Quand j'étais jeune, je n'écoutais vraiment pas beaucoup de musique. Je n'ai donc jamais grandi avec de l'admiration pour des légendes comme Céline Dion, Whitney Houston, Mariah Carey ou Christina Aguilera. Mais lorsque mon intérêt pour la musique s'est développé, Leona venait de lancer son deuxième album, Echo. Elle est donc devenue MA voix. Et ça fait donc trois ans que j'attendais un nouvel album.

Après autant de changements de dates pour le lancement de Glassheart, il devenait difficile de savoir s'il en vaudrait vraiment la peine... Voyons ce que Leona nous a offert!


L'album ouvre avec la version solo (sans Childish Gambino) de 'Trouble'. J'en ai déjà discuté ici et l'absence du rappeur ne change pas vraiment mon opinion de la chanson. Il semblait à sa place sur cette chanson, mais je trouve que Leona Lewis n'est pas le genre d'artiste qui a vraiment besoin d'un rappeur pour être intéressante.

Toutefois, 'Trouble' et son approche trip-hop sont-ils vraiment représentatifs de ce qui se trouve sur l'album? La réponse est "un peu, mais pas complètement".


Suivent les chanson 'Un Love Me' et 'Lovebird'. Ceux qui n'ont pas été satisfaits par Echo (fait que je n'arrive toujours pas à comprendre) seront peut-être déçus par ces morceaux. Ce sont de puissantes ballades qui mettent de l'avant la voix de Leona. Et c'est, à mon avis, le meilleur genre de ballades qu'il est possible de faire, mais c'est une opinion.

'Un Love Me' a un petit quelque chose de 'Release Me' d'Agnes, au niveau de la thématique. "I'm begging you to un love me, un love me, un love meeeee / Cause I can't un love you" s'écrie Leona à travers la chanson.

'Lovebird' avait grandement capté mon attention depuis qu'un extrait de qualité moyenne était arrivé sur le net il y a longtemps. La chanson me rappelle 'Already Gone' de Kelly Clarkson avec son refrain parfaitement déchirant: "And I can't believe / That I would never want to be set free / But I just can't stay / So your lovebird's flyin' away / Your lovebird's flyin' away / Has my heart been stuck in a cage / I sing my song, so pretty / Dum dum, diddy / And I miss you everyday / But there's nothing left to say / I sing my song, so pretty / Dum, dum, diddy". Le tempo de la chanson est juste parfait pour une telle pièce. Pas upbeat, mais pas lent non plus. C'est à la fois puissant et émouvant.


C'est alors que 'Come Alive' arrive. La version live d'il y a quelques mois rendait justice à la chanson, mais replacée dans le contexte de l'album il est facile de voir comment il s'agit d'une des pièces les plus audacieuses ici. Avec sa production forte sur le drum n bass, Leona explore un territoire qui est nouveau pour elle. Et elle réussit sans le moindre effort à s'approprier ce son plus audacieux, tout en gardant l'intérêt de celui qui écoute sur sa puissante voix.

Alors qu'on croyait que l'album allait prendre un tournant audacieux et énergique, 'Fireflies' se pointe à la suite de 'Come Alive'. Ne vous méprenez pas, c'est un excellent morceau, mais il serait faux de dire que ça ne brise pas le rythme. Là où 'Un Love Me' et 'Lovebird' sont des chansons mid-tempo, 'Fireflies' est la première vraie grosse ballade de l'album. Principalement supportée par un piano et des drums, Leona parle de la mort de quelqu'un qui lui était cher "Took a walk out the door / On the day you died / And I looked up to the sun / And I saw fireflies". Tout le génie de cette chanson réside dans l'intensité des drums qui donnent vie aux troublantes émotions que Leona déclenche en nous.


Afin de nous empêcher de sombrer dans la plus profonde dépression avec cette chanson incroyablement touchante, le tempo reprend légèrement avec 'I To You', qui débute un peu comme 'Empire State of Mind' d'Alicia Keys et Jay-Z. Leona parle ici du sacrifice qu'elle fait en restant à la maison comme mère au foyer, mais demande à son amoureux ce qu'elle vaut pour lui. "What am I to you? / Just keep me and I won't make a sound". C'est de loin le morceau le plus R&B de l'album, mais Leona en fait quelque chose de tellement unique qu'il est impossible de ne pas aimer!

Jusqu'à ce point, Glassheart est un bon album, mais le meilleur reste définitivement à venir! Peu importe comment Leona sonne fabuleuse sur ses ballades, j'adore la voir expérimenter avec la musique comme sur 'Shake You Up'. Il s'agit de loin du morceau le plus upbeat de l'album. "I know exactly how to shake you, shake you up!" s'exclame la chanteuse sur des synthétiseurs rappelant les années 80. C'est à la fois une 'Misses Glass' (de son premier album) pimped up et un hommage à des classiques de Whitney Houston. Et ce n'est pas parce que le tempo est rapide que les paroles sont insignifiantes: "How does it feel to be the victim? / How does it feel? / I know cause you did this to me" annonce Leona avant de pousser un doux falsetto!


Toutefois, comme avec 'Come Alive', Leona fait suivre la haute énergie de 'Shake You Up' par une autre grande ballade. Je jure... si c'était quelqu'un d'autre qu'elle, je détesterait me faire couper dans mon élan comme ça. Mais Leona offre tant de puissance dans ses ballades que je peux en prendre à l'infini! 'Stop the Clocks' est possiblement la première chanson d'amour positive sur cet album qui avait fermement établi un mood sombre. "I wanna cry until I laugh and laugh until I cry / Don't wanna let another single moment of you pass me by / If only I could freeze the frame / You know that I would / Stay right here for good" déclare Leona à son amoureux. Cette chanson n'avait pas vraiment capté mon attention la première fois, mais la construction de la pièce avec les drums lents et les violons crée une intensité indéniable.

'Favourite Scar' est une des chansons les plus surprenantes sur Glassheart... principalement parce qu'elle me fait penser à 'Circus' de Britney Spears! En fait le "All eyes on me / In the middle of the street" semble presque être un hommage à Britney plutôt qu'un rip-off. "I never felt like this / You shot me through my heart / Pain never felt so good / Boy you're my favourite scar" chante Leona avant ce moment de référence à Britney. 'Favourite Scar' se range avec 'I To You' dans la catégorie des morceaux d'influence R&B, bien que le tempo soit plus lent et que la chanson, dans son ensemble, soit beaucoup plus douce.


Finalement, Leona décide de laisser l'énergie grimper pour les quelques derniers morceaux de l'album. Suivent 'When It Hurts' et 'Glassheart', deux des chansons les plus pop ici.

'When It Hurts' retourne vers cette approche sombre de l'amour. "You love it when it hurts" déclare Leona. Mais loin d'elle est l'intérêt de Rihanna pour le S&M. En fait, elle parle de son amoureux qui aime lui faire mal et d'elle qui vient de réaliser qu'elle n'a pas besoin de ça: "It's goodbye" affirme-t-elle. "Finally you came to see it / I don't need this everyday and / Oh you love it when it hurts" continue-t-elle. Mais elle ne trouve pas tout à fait la force de partir, alors qu'elle avoue: "The truth is I can't let it go / The truth is I already know / The truth is I can't say goodbye / The truth is I give you one more try". C'est une chanson à la fois touchante, puissante et parfaitement prête pour la radio. De plus, nous trouvant à la fin de l'album, Leona nous rappelle le commencement: "I'm begging you to un love me!"


J'ai déjà discuté de 'Glassheart' ici et mon opinion n'a pas changée. Il s'agit de ma chanson préférée sur l'album et ce morceau démontre que Leona est autant à sa place sur une ballade que sur un morceau dance influencé par le dubstep.

Bien évidemment, la version régulière de l'album devait se terminer avec une ballade. J'aime quand un artiste me surprend en faisant quelque chose de différent pour ce dernier morceau, mais ce n'est pas le cas ici. Leona nous offre une autre belle ballade avec 'Fingerprint', mais je trouve qu'elle manque l'intensité de 'Fireflies' ou 'Stop the Clocks'.


La version de luxe, quant à elle, comprend beaucoup de versions acoustiques (c'est un peu inutile...), mais il y a aussi deux nouvelles chansons.

Mon opinion sur 'Colorblind' est exactement la même que pour 'Fingerprint', alors relisez deux paragraphes plus haut en changeant le titre du morceau.

Par contre, la toute dernière chanson est venue me frapper en pleine face! 'Sugar' est une ballade qui défie les lois de la ballade. Graduellement, les violons viennent s'ajouter au piano, suivis plus tard par des drums, pour créer une intensité difficile à imaginer. Je comparerais cette chanson à 'Runnin' d'Adam Lambert. Autant que j'aime des beats puissants, des paroles intelligentes ou des mélodies accrocheuses, il y a une seule chose que j'aime plus dans la musique: une chanson qui est si bonne dans son ensemble qu'il est impossible de cerner un seul élément ou un seul moment comme son préféré. "But sugar still tates like sugar" s'écrie Leona ici. Et jamais le sucre n'a-t-il semblé si bon!


Mon verdict: je ne sais pas ce que nous aurions eu il y a un an si Glassheart était sorti à la date prévue, mais j'ai l'impression que l'attente a valu la peine! Leona Lewis est arrivée avec un album très solide qui aborde plusieurs sons avec assurance et cohérence. De plus, sa séparation de son amour d'enfance l'an dernier a clairement influencé la thématique de l'album pour le mieux. La puissante voix de Leona se trouve à son meilleur lorsqu'elle cherche à évoquer des émotions puissantes.

Voilà ce que c'est que le X factor!

9.5/10

Tuesday, 18 September 2012

[Critique] Carly Rae Jepsen - Kiss

"Hey! I just met you / And this is crazy / But here's my number / So call me maybe". Ça vous dit quelque chose? Ça devrait, parce que c'est la plus grande chanson pop depuis des années!

Avec son premier single international, Carly est retournée en arrière dans le monde de la pop. Laissant la musique dance et les références au DJ pour les autres, la chanteuse canadienne s'est tournée vers le génie de Vanessa Carlton sur 'A Thousand Miles'. Une chanson pop aux paroles simples, mais touchantes, un refrain incroyablement accrocheur et, bien sûr, des violons. TOUT est dans le coup de violon.

C'est après des mois de domination mondiale que Carly lance finalement son premier album international, Kiss, aujourd'hui!


Commençons avec la vérité: si vous aimiez 'Call Me Maybe' particulièrement parce que ça sonnait très différent de ce qui se fait dans la musique pop aujourd'hui, il se peut que Kiss vous déçoive légèrement. Toutefois, si vous aimez la musique pop tant qu'elle est bonne et peu importe comment elle sonne et peu importe de quelle époque elle tire son influence, il se pourrait bien que vous soyez grandement satisfaits!

Je ne mentirai pas, mon adoration pour Carly Rae et ses mélodies accrocheuses m'empêchent d'être vraiment objectif... mais depuis quand le suis-je? Et depuis quand est-ce que ça m'a empêché de faire quoi que ce soit? C'est ça... Alors parlons de Kiss!

Les premiers singles du projet nous avaient déjà démontré plusieurs côtés à la chanteuse: la pop minimaliste et ô combien rafraîchissant de 'Call Me Maybe', l'électro-pop de 'Good Time' et l'influence du disco de 'This Kiss'. Carly ne semblait pas pouvoir faire de faux-pas.


L'album ouvre avec la chanson 'Tiny Little Bows', une chanson électro qui se rapproche plus de 'This Kiss' que de 'Call Me Maybe'. Et c'est dès cet instant qu'on sent que l'album va avoir une assez forte influence électro.

Même 'Curiosity' qui avait été lancé comme single au Canada, tiré de l'EP du même nom, a reçu un makeover. Alors que la chanson était, dans sa construction et son instrumentalisation, très similaire à 'Call Me Maybe', elle s'est vue remixée pour l'album. Personnellement, je ne pourrais être plus heureux car la nouvelle version possède une énergie que l'originale n'avait pas et le caractère ultra-catchy du morceau n'en est en rien affecté.

C'est rendu à la sixième chanson sur l'album, une fois les singles passés, qu'il se passe quelque chose d'un peu différent. La chanson 'More Than A Memory' nous ramène à un son plus pop et moins électro. "I'm not over you / Are you over me? / Are we gonna be more than a memory?" demande Carly. Bien sûr, la musique de Carly est du pop principalement dirigé pour les jeunes adolescentes, mais qui n'aime pas ça? Les thèmes qu'elle a choisi sont les siens. Elle aurait pu écrire sur d'autres sujets, mais c'est l'innocence de ses paroles qui lui donne son charme. Et dans une ère où la plupart des artistes vantent les vertus des shooters de tequila, c'est rafraîchissant.


Puis, suivent deux des meilleurs morceaux de l'album: 'Turn Me Up' et 'Hurt So Good'. D'influence électro et sonnant comme quelque chose que Katy Perry pourrait bien chanter, ce sont de loin certains des morceaux les plus catchy, avec des paroles et des mélodies qui ne peuvent tout simplement pas vous sortir de la tête! "I'm breaking up with you / You're breaking up on me / You kiss me on the phone / And I don't think it reaches" chante Carly dans toute son innocence avant que le beat électro et les guitares s'emparent du refrain de 'Turn Me Up'. 'Hurt So Good' est, comme 'This Kiss', très inspiré du disco. Et les synthétiseurs mélangés au "I don't wanna let you go / We could take it fast and make it slow" du refrain rendent ce morceau particulièrement délicieux.

C'est sur de telles chansons qu'on comprend que Carly peut faire un peu ce qu'elle veut et s'inspirer de n'importe quel genre musical sans décevoir. Tant et aussi longtemps qu'elle arrive à nous offrir des paroles aussi accrocheuses, qui sommes-nous pour nous plaindre? Que ça sonne actuel ou inspiré des années 80, c'est agréable aux oreilles!


Malheureusement, c'est à ce moment que nous atteignons le point non intéressant de l'album: la prévisible collaboration avec Justin Bieber sur 'Beautiful'. Avec des paroles à la 'What Makes You Beautiful' ("What makes you so beautiful / Is you don't know how beautiful you are / To me"...) et une guitare acoustique, c'est un morceau qui ne semble vraiment pas à sa place sur cet album. Et c'est ici que j'ai réalisé que, à mon goût, Carly n'a pas ce qu'il faut pour offrir une vraie bonne ballade. Sa force réside dans les paroles accrocheuses et il lui faut une chanson avec un bon tempo pour pouvoir les offrir, c'est aussi simple que ça. Certains y trouveront peut-être quelque chose qu'ils aiment, mais c'est plutôt le genre de chanson qui devrait figurer sur un album live.

Une fois ce moment incertain passé, nous arrivons à ce qui pourrait bien être LA chanson de l'album. 'Tonight I'm getting Over You' est produite par Max Martin et ressemble beaucoup à 'Good Feeling' de Flo Rida, 'Primadonna' de Marina and the Diamonds et 'Never Close Our Eyes' d'Adam Lambert. Avec son beat fortement inspiré du dubstep, c'est une chanson qui alterne entre douceur et agressivité. "We're not lovers / But more than friends / Put a flame to every single word you ever said / No more crying / To get me through / I keep dancing 'till the morning with somebody new / Tonight I'm getting over you" chante une Carly qui veut désespérément passer à autre chose. C'est à ce moment que le beat explose et entraîne la chanson dans une direction inattendue, mais ô combien satisfaisante! Car c'est le genre de musique qu'on veut pour oublier une peine d'amour!


La chanson 'Guitar String / Wedding Ring' suit un peu la même tonalité que la précédente, avec un beat qui s'emporte sur le refrain lorsque Calry s'écrie: "But if you cut a piece of guitar string / I would wear it like it's a wedding ring / Wrapped around my finger / You know what I mean / You play my heartstrings". Si vous vous êtes rendus aussi loin sur l'album, c'est probablement parce que vous êtes prêts à vous abandonner au son plus générique que prévu de Kiss et vous ne devriez plus en être déçus à ce point.

La dernière chanson sur la version régulière de l'album, 'Your Heart Is a Muscle' termine en retournant aux sources de la popularité de Carly. C'est à dire que ça ressemble plus à 'Call Me Maybe' qu'à 'This Kiss'. C'est, bien sûr, le morceau le plus calme de l'album, mais les drums mélangés au piano offrent un attrait indéniable à la chanson.


Les chanson 'Drive', 'Wrong Feels So Right' et 'Sweetie' de la version de luxe restent dans les mêmes tons que le reste de l'album, alternant entre doux et puissant, mais toujours très catchy. Toutefois, je dois dire que 'Almost Said It' me laisse vraiment indifférent. En tant que ballade, elle n'arrive pas à transmettre l'émotion de 'Your Heart Is a Muscle'.

La dernière chanson qui m'a particulièrement accroché est 'I Know You Have A Girlfriend', qui est une chanson bonus sur la version internationale. "I know you have / A girlfriend / So don't kiss me on the lips / I know you have / A girlfriend / Oh won't you tell me what I did? / I know you have / A girlfriend / And everytime you speak / You're lying through your th-th-th-theeth" chante Carly sur le refrain qui mélange synthétiseurs à clappements de "mains". Les handclaps ont ici l'effet des violons sur 'Call Me Maybe', ce qui fait de 'I Know You Have A Girlfriend' un des morceaux les plus originaux sur l'album. Dommage qu'il ne soit pas sur la version régulière!


En résumé, n'importe quel fan de musique pop pure se doit d'aimer cet album. Carly a vraiment tout un talent pour écrire des chansons accrocheuses qui, une fois mélangées à des morceaux brillamment produits, deviennent ce que la pop a de mieux à offrir. Oui, Kiss est par moments peu surprenants et assez mainstream. Oui, Carly s'est éloignée de ce qui a fait de 'Call Me Maybe' un si gros hit. Mais si vous voulez des chansons du genre, téléchargez son EP Curiosity. Kiss est un autre projet qui entraîne Carly sur de nouveaux territoires.

Elle n'est pas un one hit wonder. Quelque part, en ce moment, Katy Perry est en train de se demander pourquoi elle ne s'est pas fait offrir plusieurs chansons de cet album, pour faire un re-re-lancement de Teenage Dream, afin de pouvoir en tirer une bonne quinzaine de singles.

9/10

Monday, 17 September 2012

[Critique] Rita Ora - Ora

Oui, je suis très en retard pour ma critique du premier album de Rita Ora, mais je n'ai pas eu beaucoup de temps pour m'asseoir et écrire dernièrement. Et il y a aussi le fait que je ne savais pas trop quoi penser de l'album lorsqu'il est sorti.


Ora est sorti au Royaume-Uni le 27 août dernier, suivant l'immense succès (tous des #1) des singles 'Hot Right Now' (Rita était invitée sur la pièce de DJ Fresh), 'R.I.P. (feat. Tinie Tempah)' et 'How We Do (Party)'.

Rita est arrivée sur la scène musicale après trois années de pratique intensive. Son mentor, Jay-Z, ne voulait rien laisser au hasard. Et comme avec la dernière méga star qu'il a lancé (vous en avez peut-être entendu parler, elle s'appelle Rihanna), il s'est assuré que sa protégée soit prête lorsque son premier album sortirait. En fait, Rita nous est arrivée avec une attitude et une aisance que Rihanna ne semblait pas tout à fait avoir à ses débuts. La chanteuse anglaise a tout de suite été comparée à Rihanna et Katy Perry. Beaucoup diront qu'elle semble peu créative et que sa musique sonne très générique. Je dirais qu'arriver sur la scène musicale et être comparée à deux des plus grandes stars au MONDE, c'est tout un compliment!


Les premiers singles 'Hot Right Now', 'R.I.P.' et 'How We Do' ont aidé à forger l'image de Rita. C'est une chanteuse qui fait un peu de tout ce qui se fait en ce moment, ce n'est pas incroyablement innovateur, mais son talent est indéniable. Allant du morceau dance (qui, au moins, sonne loin des efforts de RedOne et David Guetta), au b-side de Rihanna et en passant par du Katy Perry qui utilise des mauvais mots, Rita Ora semblait être capable de tout faire.


Mais que lui restait-il à offrir sur l'album?

La chanson 'Roc the Life' avait déjà été dévoilée comme single promotionnel et elle était grandement satisfaisante! Avec son influence plus rock que pop, c'est une chanson qui détone légèrement sur la trame musicale d'aujourd'hui. Et pourtant c'est tellement catchy qu'il en devient impossible de nier que Rita a tout ce qu'il faut pour exceller dans le monde de la pop. C'est cette chanson, en particulier, qui a élevé mes attentes pour Ora.

L'album ouvre avec l'excellente chanson 'Facemelt', qui sonne comme un parfait mélange de rock et d'électronique (un genre pour lequel je prie tous les soirs pour qu'il soit plus exploité). Malheureusement, l'excellence du morceau n'a d'égal que sa courte duré. Il s'agit en fait d'une introduction d'une minute et demie. La déception s'est emparée de moi lorsque j'ai découvert cet excellent, mais trop court, morceau. Toutefois, je me suis dit que, si c'était un indice de ce que l'album avait à offrir, c'était parti pour une bonne expérience!

Après les chansons déjà connue ('Roc the Life', 'How We Do', 'R.I.P.') arrive le prochain single américain: 'Radioactive'! Il s'agit, encore une fois, d'un léger changement de style pour Rita! C'est de loin sa chanson la plus dance-pop à ce jour. Parfaite pour le marché américain, quoi! "Palms to the sky" s'écrie Rita tout au long du la chanson. C'est une ode au party. C'est un peu décevant au niveau des paroles, mais le résultat est si entraînant, énergique et frais, qu'on ne peut lui en tenir rigueur.


Puis, suit la chanson 'Shine Ya Light', le prochain single anglais (car Rita ne chôme vraiment pas au niveau de la promotion!). Il s'agit encore d'un morceau catchy qui mélange pop, R&B et rock. Mais, à mon goût, ça commence à sonner un peu redondant et moins spécial que les premiers morceaux du genre. Un sentiment que vient renforcer la chanson 'Love and War (feat. J. Cole)' où le côté accrocheur commence à disparaître.


Heureusement, le milieu de l'album reprend en force avec 'Uneasy' et 'Fall in Love (feat. will.i.am)'. Le premier morceau débute avec une guitare électrique qui continue d'exploiter la saveur rock de l'album. Le tout change complètement de direction alors qu'un beat rebondissant s'empare de la pièce et accompagne Rita sur le refrain. C'est de loin un des morceaux les plus originaux et satisfaisants de l'album! 'Fall in Love' est, quant à elle, une pièce traditionnelle de will.i.am. Rien de bien nouveau ici, c'est du dance-pop complètement assumé. Au moins, will.i.am a eu la brillance d'esprit de ne pas ajouter plein de paroles stupides, comme il en a l'habitude. Le beat assez standard du début de la chanson nous laisse croire qu'il s'agit d'un morceau peu intéressant, mais lorsque le refrain arrive, c'est un gros party d'EDM qui commence! Et Rita chante avec brio "Don't want no one night stand / I wanna fall in love / fa la la la la / Fall in love / Baby you can be my man / We can fall in love / Fa la la la la". Si ce n'est pas un des meilleurs refrains sur l'album, je ne sais pas ce que c'est!

Malheureusement, c'est à ce point que l'album commence à chuter rapidement. Comme tout album typique, il se termine avec les morceaux les plus doux et, à mon avis, les moins satisfaisants. 'Been Lying', 'Hello, Hi, Goodbye', 'Young, Single & Sexy' et 'Meet Ya' sont plus proches de la ballade R&B que d'autre chose. Et c'est ici qu'on réalise que Rita est vraiment à son meilleur sur des chansons très énergiques. C'est ironique, car elle chante très bien. Il n'est donc pas impossible de croire qu'elle pourrait exceller sur des ballades, mais ce ne sont probablement pas les meilleurs morceaux pour elle.


Par contre, dans le lot des dernières chansons, il y a 'Hot Right Now' et 'Crazy Girl' qui sont là pour nous rappeler ce que Rita est capable de faire. Le premier morceau a simplement été inséré ici parce qu'il ne s'agit pas de la chanson de Rita et qu'elle allait logiquement à la fin de l'album régulier. 'Crazy Girl' est la première chanson de la version de luxe et elle nous laisse immédiatement croire que les trois chansons bonus pourront être fortement intéressantes. Alternant entre un beat joyeux et rebondissant et un piano étrangement puissant, Rita clame "I am nothing like them other girls / I'll eat you up". Le bridge, avec ses trompettes, ajoute à l'attrait du morceau.

Ce qui est dommage, c'est que les chansons suivantes 'Young, Single & Sexy' et 'Meet Ya' n'arrivent vraiment pas à conserver ce niveau d'énergie et d'audace, concluant donc l'album sur une note décevante.


Ora est, dans son ensemble, un album assez fort, malgré quelques morceaux décevants. Sans vraiment innover, Rita et son équipe de producteurs ont su mélanger les genres. Et la chanteuse prouve sa maîtrise de pratiquement tous les styles ici. C'est un peu générique, mais les chansons sont d'une telle qualité qu'il est impressionnant d'en retrouver un aussi grand nombre sur un premier album. Le principal problème d'Ora est de nous avoir offert la majorité (ou au moins la moitié) des meilleures pièces avant le lancement de l'album, nous laissant légèrement déçus devant ce qu'il nous restait à découvrir. Toutefois, après avoir laissé la poussière retomber et en écoutant l'album dans son ensemble, sans juger sur la nouveauté des morceaux, je me suis rendu compte que je l'aime plus que je pensais.

8/10

Thursday, 21 June 2012

[Critique] Cheryl - A Million Lights

Peu de gens auraient cru que Cheryl Cole serait la membre de Girls Aloud a avoir un succès retentissant. Et plus les albums solos, singles et performances se sont enlignés, plus les doutes devenaient légitimes. Et pourtant, plus le succès de Cheryl Cole était grand.

En tant que star, Cheryl n'a pas volé sa place, elle sait offrir une performance haute en énergie. En tant qu'artiste et que chanteuse, son succès ressemble à une gifle à la figure de nombreux artistes talentueux qui n'ont pas un centième de son succès commercial.

Le 18 juin, Cheryl a lancé sont troisième album solo, A Million Lights, au Royaume-Uni.


La chanteuse britannique a décidé de laisser tomber le "Cole", le nom qu'elle avait pris à son ex-mari, Ashley Cole qui l'a trompée il y a déjà quelques années. Par cette simple action, Cheryl nous laisse comprendre qu'elle passe à une autre étape de sa vie. Et il devrait en être de même avec sa musique.

Si son deuxième album Messy Little Raindrops était, dans l'ensemble, une compilation de moments de lamentation en lien avec son mariage qui s'effondrait, A Million Lights offre la thérapie par la vengeance. Dans une entrevue avec PopJustice, Cheryl insiste sur le fait qu'elle n'écrit pas ses chansons (c'est bien de l'admettre), mais surtout qu'elle ne les choisit pas pour les paroles. En fait, elle précise qu'elle ne cherche même pas à comprendre le sens de ses chansons, il n'y a que l'énergie qui s'en dégage qui lui importe. Un peu superficiel, non?

Le premier single du projet, 'Call My Name' est devenu le plus gros succès de l'année au Royaume-Uni, ayant vendu 152 000 copies en 12 heures. Ce record caractérise parfaitement bien la carrière de Cheryl. Tout le monde la critique et aime la détester, mais elle sort tout de même gagnante. Il est vrai que la chanson, produite par Calvin Harris, ressemble grandement à 'We Found Love', mais elle a trouvé le moyen d'attirer l'attention.


Le lead single n'est toutefois pas une si bonne indication de ce qui vous attend sur A Million Lights. Produit par de très grands noms comme Alex Da Kid, will.i.am, Clavin Harris, Jim Beanz et Taio Cruz, l'album est à la fois construit d'incroyables hooks pop et de moments doux et lents, qui sont parfois aussi surprenant qu'oubliables.

La chanson d'ouverture, 'Under the Sun', est un excellent exemple de ce qu'est la musique de Cheryl: de la pop bien produite, avec des mélodies accrocheuses, mais une chanteuse qui n'arrive pas vraiment à rendre justice à la chanson. Bien que le l'énergie joyeuse et très "été" de ce morceau soit particulièrement appréciable à ce moment de l'année, même les grands fans de Cheryl doivent reconnaître que sa voix est à peine passable.

Certains pourraient affirmer que, pour ajouter au manque de talent vocal, Cheryl doit aussi prouver son manque d'originalité. La présence du dubstep sur cet album donne un ton parfois similaire à Femme Fatale de Britney. Mais en moins bon. Les chanson comme 'Love Killer' ou 'Boys Lie' nous entraînent en plein territoire dubstep. Et heureusement pour Cheryl, ces morceaux trouvent le moyen d'être tout de même accrocheur, après quelques écoutes.

La meilleure chanson inspirée du dubstep est toutefois 'Girl in the Mirror'. "I've been picking little fights / With the girl in the mirror / With the girl in the mirror / Stressing me to be a woman / Oh I don't need this today / I don't know quite what to say / To the girl in the mirror" chante Cheryl avec son délicieux accent anglais. Ce sont les chansons dans ce genre qui sauvent vraiment l'album, combinant production bien maîtrisée (à défaut d'être particulièrement audacieuse) et mélodies pop contagieuses.


Les chansons 'Screw You (feat. Wretch 32)' et 'Craziest Things (feat. will.i.am)' sont des morceaux appréciables de cet album, mais pas les plus mémorables; ils représentent bien le cœur de cet œuvre.

'Ghetto Baby', la chanson écrite par Lana Del Rey, semble un peu forcée ici. On dirait vraiment une chanson de Lana. Et c'est parce qu'elle aurait peut-être dû être sienne. Toutefois, étrangement, Cheryl arrive à lui rendre justice. Peut-être est-ce parce qu'elle parle/rappe plus qu'elle ne chante ici. Une chanson hip-hop/pop surprenante qui ne carde peut-être pas parfaitement avec l'album, mais que Cheryl réussit toute de même à s'approprier.

La chanson-titre 'A Million Lights' est possiblement une des plus innovantes ici. Aussi étrange que ça sonne, il s'agit d'une ballade dubstep. Et ça marche! Cheryl sonne plus vulnérable que d'habitude par-dessus le beat grave et lent, alors qu'elle chante "I don't know how / We fell through / Got a little too much in my head / Like I miss you".


Malhereusement, les autres chansons plus douces n'arrivent pas tout à fait à égaler ce niveau de créativité. 'All Is Fair', ce morceau guerrier et 'Mechanics of the Heart' sont deux ballades facilement oubliables. Sur 'All Is Fair', alors que Cheryl chante "If they fire, you know what this means / This is waaaa-aaar", le beat ne semble pas vouloir suivre l'intensité des paroles et reste obstinément lent. C'est dommage, car avec des pics d'énergie, cette chanson aurait pu être une des meilleures de l'album.

Deux de mes chansons préférées sont 'One Thousand' et 'Last One Standing'. La première réussi là où 'All Is Fair' s'était arrêtée. Semblant initialement être la suite de 'Boys Lie' en plus mauvais, elle suit un rythme assez lent qui risque de vous laisser de marbre. Mais c'est alors que le refrain arrive et que le beat explose, propulsant la piste dans les plus hautes sphères du monde de la pop (bon, peut-être pas si haut!). "Now I see what you are / I know what you could be / But I'll never forget what you've been / I must have cried a thousand times / I've heard thousands of your lies / Walked ten thousand miles for you / So for the thousandth time don't / Don't play with me, don't play with me, don't play with me no more / Don't you play with me, don't play with me, don't play with me no more / Don't you play with me, don't play with me, don't play with me no more / Don't you play with me, don't play with me, don't play with me no more". L'intensité de ce morceau en fait un des morceaux les plus distinctifs sur cet album et nous fait regretter qu'il y en ait si peu d'aussi bons que celui-ci.


'Last One Standing' est une autre grande chanson pop incroyablement contagieuse. Débutant très tranquillement, le morceau prend du rythme de façon constante. Lorsque le pré-refrain embarque, notre intérêt est soudainement éveillé. "Go walk that walk / Yeah you know who you are / You gotta talk that talk / Leave them tears at the door / There's no looking back / Hey there beautiful girl / You got it / You got it" chante Cheryl avant d'arriver au cœur de la chanson: "Who cares what they believe / Even if it hurts / Imma be the one, one, one / The last one standing / Didn't think I'd survive / Eat your words / Goin' out and talk that talk / The last one standing / Start a rumor, take a bite / Middle finger in the air and walk that walk / The last one standing". Ça, c'est un grand morceau de pop!

Mais, soyons honnêtes, A Million Lights tourne autour de 'Sexy Den a Mutha'. La chanson très dance-pop au titre gangsta est un peu la reprise de 'Till the World Ends' par Cheryl. Mais elle n'a de ce classique de l'an dernier que le "oh whoah, oh whoah oh oh". Cette chanson est de loin la plus facile à apprécier sur l'album. Il s'agit même d'un de ces rares moments où l'on en vient à se demander si Cheryl ne sait pas chanter.

"You got me feeling / Sexy den a mutha, mutha / Got me feeling / Sexy den a mutha mutha / You make me say oh whoah, oh whoah oh oh".


Dans l'ensemble, A Million Lights est un album qui crée des réactions conflictuelles. La production des morceaux est, au pire, acceptable. Et au mieux excellente. Bien que plusieurs morceaux trouvent le moyen d'être particulièrement oubliables, il y a des chansons ici qui sont si accrocheuses qu'il est difficile de négliger A Million Lights pour ce qu'il est: un gros album pop commercial. Cheryl vogue sur le courant de la popularité; on ne peut pas vraiment la féliciter pour son audace ici, mais il faut reconnaître qu'elle sait s'associer à des gens qui savent quoi faire pour avoir un hit. Le principal problème de cet album est qu'il démontre que Cheryl n'a pas vraiment le talent vocal pour mériter le succès qu'elle obtient.

7.5/10